Je sais que je suis rien

 

 

   Il faut écrire, écrire, écrire, – ainsi veut la vie.

 

   Le scientifique est romantique car il sait mieux que tous qu’il ne sait pas : Einstein descend de Socrate.

 

   « Dites-moi ce que vous appelez Dieu, je vous dirais si j’y crois. »

 

   « Deus Vult ! » N’est-ce pas risible comme théorème ?

 

   Dieu ne veut rien ne dit rien ne sait rien ; dieu n’est rien car il n’est pas mais il est ce que l’on dit de lui. Je suis ce que l’on dit de moi, je fais ce que l’on veut de moi.

 

   « Devise : … et tout ce que l’on sait, qu’on n’a pas seulement entendu comme un bruissement ou un grondement, se laisse dire en trois mots. » Kürnberger

 

   Le réel est virtuel ;

 

   Un rêve profondément paradoxal doré de règles composées par un libre-arbitre orchestral issu de générations de trous noirs universels explosifs et de bangs aux singularités félines ; la cause première m’apparaît ridiculement humaine, l’univers bien virtuel en écosystème éternel.

 

   Que suis-je sinon rien de ce que les gens pensent par opposition à l’image de l’autre je ne sais que l’envers d’un endroit invisible comme l’horizon des dieux noirs organisant la matière en assemblées circulaires et prévoyant l’avenir en temps et en heures pour chacun en son lieu diriger vers demain.

 

   « On dit de moi ou trop de bien ou trop de mal ; je jouis des honneurs des exagérations. »

 

 

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« Après nous, le silence »

 

 

La douleur invisible des arbres rappellent ceux des sentiments

 

Il y a quelque chose d’angoissé dans la nature

 

Il y a une littérature de l’immédiat

 

La meilleure cachette est toujours la plus évidente

 

Les philosophes sont cobayes de la réflexion

 

Rien ne sert de tout savoir quand on sait l’essentiel

 

Je peux me permettre ne pas savoir car je sais

 

Pouvoir-permettre-non-savoir-savoir

 

Des vieilles histoires sans nouvelles

 

 

Centre-ville à Saint-Ferjeux, Besançon

 

Charge mentale, chapitre septième

 

Chapitre septième

 

   « Tout se fait sous forme de bombes, tu sais. » Georgio, le collègue de charpente habitué à écouter les tirades d’un Rasko fébrile par l’alcool et les cigarettes magiques, fit face à cette première phrase.

 

   « Tu vois, dans un monde tel que le nôtre, les particules unitaires humanoïdes font que le bordel ontologique universel est acté par le mouvement confus de chacun. »

 

   Georgio, stoïque, prit une lampée de fiole et s’enquit d’un tel discours en simulant une remontée gastrique. « Alors, quand on veut être un adulte entouré de lithopédions affamés par la mort, il ne peut y avoir qu’une seule issue : la barbarie des peuples. »

 

   « – J’y comprends rien » dit l’ami, « t’as encore trop fumé et tu termines pas tes phrases, tu les continues dans un ordre indécelable et tu rêves de ne pas être pris pour un fou. »

 

   Rasko se toucha la barbe avec mécontentement et s’essaya à une forme d’expression plus claire :

 

   « Donc, ce que j’ai voulu dire : c’est qu’avec toutes les singularités humaines, on pourrait aisément reprendre la courbe du progrès et entrer en phase de fuite du système solaire.

 

   Je puis faire une parenthèse ? Oui. Alors… Ce qu’on sait faire de mieux, c’est des bombes.

 

   Qu’est-ce que le soleil sinon un volcan endormi ou le Big Bang un rêve éveillé ceux d’avant eurent des défis d’un autre âge ; la survie toujours comme seul horizon mettons toute la biodiversité dans un bit informatique, ajoutons une détonation radioactive – admirons le résultat l’Univers est beau quand il survit le temps semble moins long dans la sphère du possible et des contingences imaginaires où s’épanouissent les amants atomiques ; le sacrifice est parent de la survie lâchons cette bombe humaine au-delà du fond diffus cosmogonique créons l’espace nécessaire à reformuler nos désirs nos particularismes et nos valeurs le feu, Internet et l’immortalité c’est la base l’intelligence requière l’éternité pour se comprendre la complexité du cosmos est inatteignable pouvons-nous recréer dans sa parfaite ressemblance anatomique un bras humain – pourquoi une telle complexité nous ne pouvons tel quel mais en faire un substitut l’univers n’est pas humain ceux d’avant l’étaient peut-être… »

 

   Rasko termina ces mots en la compagnie d’une nouvelle victime. Georgio n’était déjà plus là. Au Prophète, c’était comme ça.

 

   Ici, les esclaves sentimentaux se rejoignaient le soir pour des beuveries dans l’intimité du gérant éponyme où les autopsies raspoutiniennes eurent cours pendant des années, juste après la guerre.

 

   On y retrouvait des vendeurs de limaces, des dresseurs de rats… ;

 

   « La lumière tue les feuilles mortes dans les tunnels comme des vagues stridentes.

 

   Les bateaux s’évaporent sur des plaines arides et…

 

   On ira cueillir des baleines douces quand les mots avaient encore du sens d’une simplicité feutrée de Centaure ailé […] »

 

   Raconta Rasko le sale poète, en ce lieu.

 

 

Monstre d’Or

 

 

   Je suis ce que l’on dit de moi, je fais ce que l’on veut de moi.

 

   J’entends transpirer l’âpreté des huis-clos de cerbères et de cyclopes administrés à tuer l’envie comme on saccage une église sous la direction de l’idéologie dominante du progrès humain porté par des générations miévreuses pour qui le temps réside dans l’éternel présent.

 

   Où sont nos Jésus nos Mahomets les Daniel les Gilgamesh embrasés de révoltes sanguines à transparaître longtemps encore l’ombre du divin malin le lynx des choix alambiqués prend le destin arpenté pour un rêve coquin où pulsions et plaisirs vomissent les clauses du contrat d’obsession du rendement annuel du travail fort peu spirituel des bras armés des sans-abris crachent la fumée des vendredis sur un Doubs clair ou clairvoyant j’ai vu pisser Brecht chantant l’aube près du sapin de prendre la rive un gros bateau et sous la mer entendre les joies des flots aux encres fertiles où l’on se boit.

 

   Je fume la clope décrasse poumons de là-même à boire fiole et vérités j’ai su prendre un pied d’humanité plongé. À quoi sert la littérature si ce n’est expérimenter la liberté.

 

 

Poème (#2018-26) : Vers guerres

Quantième art

Comme l’indique la consigne intégrée au poème, il renferme un secret… Si vous voulez la solution, sélectionnez la partie inférieure du poème (entre les flèches) et le mystérieux quatrain apparaîtra. Mais si vous voulez jouer le jeu, essayez de le deviner d’abord !

Œuvre d’en-tête : Wyndham Lewis – A Battery Shelled (1919).


Puisque d’admiration, on a fait une guerre
Et que de tels combats ne causent pas de mort
Je déclare la nôtre aussi froide que d’aures
Je l’agrandis, mondiale, qu’est-ce que ça peut faire ?

Ma seule vraie conquête sera que cet oubli
Tes souvenirs revêtent, car il n’est de passé
Qui se doit d’importer, sinon que dans un pli
Lui-même déporté au prix de mon papier

À toi, lecteur doutant, que la longueur du texte
Qu’à toi, lecteur confiant, agrée à toute éthique
Tu trouveras en fait – la contrainte est prétexte –
Le bout que tu croyais…

Voir l’article original 77 mots de plus

Charge mentale, chapitre sixième

 

Chapitre sixième

 

   Quand Rasko eut ses dix premières années, à l’orée d’une Crimée en ruines à nouveau, il comprit que le monde avait un sens qu’il s’agissait de démanteler. La guerre faisait Feu, dans le ciel comme sur la terre, mais c’est dans la voûte céleste que l’amour des nations chavirait dans un bateau clandestin pilonné par la gravité sur un océan de néants organisés.

 

   Il fut dans l’aviation un des plus jeunes pilotes de sa génération « 20 20’s » où les têtes blondes furent jetées au front dans un marécage de gaz toxiques et de techniques aux dimensions si minimes qu’on les respire jusqu’aux gênes. En tant qu’aviateur, il ne put connaître ces joyeusetés, mais dans les airs la bataille navale prenait l’ouragan comme une légère pluie si l’on compare le feu des balles crisser l’espace à une vitesse proche d’une pauvre lumière excitée par le rythme endiablé des canons et des cibles diverses dans cette danse sans faim d’horizons. Il se frottait les mains dans cette pesanteur musicale et fixait les combats tonner sur les vagues fantomatiques d’avions nationaux et internationaux et tout ce qui finit en -aux ou qui viennent des -istes ou des -iens donc tout ce qui n’est qu’humain, tellement humain à en vomir d’humanités.

 

   Qui se battait comme des lionceaux attardés ? Tout le monde, même les îles des caraïbes jusqu’à la Lune ; sorte de siège où trônait un immense réservoir spatial tenu par les américains. La société d’approvisionnement se nommait « Dick’s Tales » et bénéficiait d’une assise impériale sur tout ce qui entoure la planète, jusqu’aux astéroïdes et leurs trajectoires.

 

   Le continent nord-américain prouvait sa suprématie sur la partie manichéenement gauche du globe. Tandis qu’à l’est, se trouvait des nouveaux visages dont celui de Rasko, engagé par lui-même dans le camp sino-russe dés qu’il eut l’âge de prouver sa valeur guerrière. Il y était né, dans ces immenses royaumes de la Taïga natale, mais vivait dans une France pacifiée non encline à une guerre totale et absolue comme fut la Troisième Grande Guerre ; fatiguée par des séries de révoltes sociologiques et royalistes.

 

   Pourquoi cette guerre éclata ? Peu le savent véritablement, même dans l’ombre des backstages de rassemblements de dignitaires insolvables. On dit que c’est pour le trône de la Terre qu’on guerroyait à en devenir plus bête que l’homme dans un bordel d’insalubrités diagnostiqués par tous les penseurs d’un siècle affaiblit jusque dans ses racines par les autodafés imposés par les puissances et les pouvoirs divers et privés. Tout se cassait la figure dans des formes impensées et impénétrables comme des sens interdits que l’on prend par dépit.

 

   Rasko resta fier, pathétique et anti-tragique, dans la pauvreté de sa pensée encore en gestation, déjà prête à faire la guerre comme on fait l’amour parfois.

 

 

Journal n.7

 

 

   Les sexes humiliants vomissent la chaire des sorceleuses qui palissent sous la fausse nouveauté des servants de l’Orient sans empêcher la froideur des monts aréolés pisser des volcans de sagesses comme une raison d’exister pour un moment encore donner comme un coco bien formaté s’en va ruiner des assemblées sous l’oreiller désombragé des bien nantis bien pervertis rameuté dans l’océan dans un grand bain de charité prier l’épée de déraper sous un ciel vert de vérité savoir dire les mots éhontés prendra le vers désenchanté, rien à manger donc de la bile à dire à lire comme des débiles vouloir s’instruire pour mieux périr comme un Montaigne sur l’échafaud ou bien Voltaire dans un bateau vers les grandes îles où l’on égorge les nuanceurs les blasphemeurs ceux qu’on grandit qu’on glorifie pour mieux scander des faux-semblants lachés parterre sous un pneu d’or j’ai vu l’aurore pisser l’acier des jours de fers des nuits dickiennes bercées en pelotes vénitiennes au temps nouveau et retrouvé où les satires sont éduquées où Dionysos est couronné sous une robe blanche comme une mariée à en faire rire un délabré sans dents sans mains mais bien heureux encore du Brel j’en redemande quand je commande à finir toujours dépareillé avec les nocturnes sans pieds postés au théâtre ou sous l’évier à prendre la vie en vérité.